Déménager to London

Fairfield Education Blog

Les bienfaits d’un transfert vers une ‘Independent School’  (une école ou un lycée privé) britannique peuvent être formidables. Votre fils (ou fille) se trouvera libéré(e) du programme scolaire officiel en rigueur en France et il (ou elle) se retrouvera dans un environnement où ses opinions seront respectées, où l’on attendra de lui (ou d’elle) une contribution en classe, et où l’apprentissage pourra devenir une aventure.

Il est plus facile de déménager avec des enfants en jeune âge mais partir en Grande Bretagne peut être aussi bien une occasion prodigieuse qu’un énorme problème, selon votre point de vue et de celui de votre enfant. Les décisions les plus importantes à considérer pour votre enfant sont : jusqu’à quel point voulez-vous pousser son bilinguisme ainsi que l’impact de l’influence de la culture britannique.

A ce niveau, le débat est pratique autant que philosophique. Si vous voulez que votre enfant soit bilingue tout en retenant son identité culturelle française, il vous faut effectuer des recherches. Si vous l’immergez dans une école ou un lycée britannique, vous courrez le risque de voir son français stagner à un niveau plutôt juvénile mais si vous l’envoyez au lycée français, il ne sera jamais vraiment bilingue. Lors de votre déménagement pour Londres, la décision est donc assez simple : soit vous restez dans le système français, ou vous vous aventurez en dehors et recherchez un établissement qui comprendra la formation scolaire de votre enfant et qui fera preuve de l’indulgence nécessaire.

Au niveau primaire (junior school), il est assez facile d’en trouver. Londres est une ville internationale et la plupart des ‘Prep’, ‘Pre-Prep’ et ‘Nursery Schools’ du centre-ville sont aussi internationales. Eaton Square School compte plus de 40 nationalités parmi ses 390 élèves, dont 21 français. Le directeur, Sebastian Hepher, suggère que « le défi auquel les élèves français font face ne diffère pas de celui des autres nationalités européennes ». 

L’augmentation de la clientèle française s’avère vraie pour toutes les écoles qu’il rencontre régulièrement et est due aux récents changements de législation sur le continent.

Selon Eaton Square, l’information la plus pertinente est la suivante :

Au moment de leur admission, le système français est toujours en retard de plusieurs années et la lecture, par exemple, ne s’effectue qu’à partir de 6 ou 7 ans. Donc si un enfant entre en ‘Reception’ (Maternelle ou CP) et jusqu’en ‘Year 4’ (CE2), il peut y avoir des problèmes connexes.

Pour les non-anglophones : l’acquisition de l’anglais parlé est assez rapide et en un an la plupart des enfants communiquent bien. Cependant, l’acquisition de compétences telles que l’inférence de texte et la compréhension en profondeur lors de la lecture ou de l’écriture peut prendre jusqu’à sept ans pour être complète.

La réponse à ces défis, d’après Sebastian, « est de fournir un support soutenu en EAL (English as an Additional Language) et de ‘l’écouler’ par le biais des enseignants et des leçons. Avec ceci en place, le succès sera remporté. Il est aussi important, pour bien cimenter le tout, que l’anglais soit parlé autant que les autres langues à la maison. Si cela s’avère difficile pour les parents, une ‘nounou’ anglaise, si ‘nounou’ il y a, est préférable. De plus, regarder la TV et écouter la radio en anglais renforce le phénomène ».

L’alternative, pour votre enfant, est de rejoindre l’une des nombreuses écoles primaires françaises telle que l’Ecole de Battersea qui éduque actuellement 200 élèves âgés de 3 à 11 ans.

Partir pour le Royaume Uni ou rejoindre une école ou un lycée britannique lorsque votre enfant est plus âgé, de 13 à 16 ans, est probablement plus difficile et n’imaginez pas, je vous prie , que votre fils ou fille y arrivera sans préparation préalable.

Entre 300 000 et 400 000 français vivent maintenant à Londres, ce qui lui vaut la réputation d’être la sixième ville la plus grande de France. Il en résulte qu’il est possible de trouver un « mini lycée » dans la plupart de ses faubourgs mais en dehors de la capitale, les choses sont très différentes et la provision d’éducation française est très rare ; l’exception : Northbourne Park Prep School dans le Kent qui suit le cursus français en parallèle avec le programme britannique. Le Lycée Charles de Gaulle, à Londres, qui ouvrit ses portes en 1915, compte maintenant presque 4 000 élèves. Un nouveau Lycée, de 1 000 élèves, s’ouvrira à Brent Town Hall à Wembley en 2015. Ce bâtiment Art Déco, historique de liste II, fut vendu par le conseil de Brent à l’ambassade de France.

Pour en revenir au planning de votre déménagement ; si votre fils ou fille a déjà une bonne maitrise de l’anglais, vous pouvez vous pencher sur les différences de programmes. N’essayez pas de couvrir toutes les matières mais concentrez-vous sur les mathématiques et l’anglais, ainsi que, bien que de moindre ampleur, sur les sciences. Marc Dath, qui enseigne les mathématiques et fut 17 ans ‘Housemaster’ (maître d’internat) à The King’s School Canterbury, explique que les difficultés rencontrées par un élève français qui rejoint un lycée qui suit le programme britannique se manifestent sur trois niveaux.

« Premièrement, les méthodes d’enseignement françaises sont très axiomatiques alors que l’approche britannique est plus heuristique. L’enfant apprend à ‘jouer’ avec les mathématiques et les sciences et laisse la formalisation à plus tard. C’est en contraste marqué avec l’approche française qui préfère la rigueur au plaisir. Ceci engendre des leçons qui peuvent paraître moins structurées dans le cursus anglais et moins enclines à suivre le plan ‘définition-théorème-lemme’ du programme national français.

Le deuxième obstacle auquel l’élève français doit faire face est la présentation des solutions mathématiques. La rigidité des plans de leçons du programme français est dûment réfléchie dans l’attente qu’ont les professeurs de solutions écrites inattaquables. L’absence d’un simple connecteur d’implication vous coûtera cher ! En revanche, dans un devoir anglais, des points vous seront attribués pour une simple allusion explicative.

Et cela nous amène à la troisième difficulté. Afin de pouvoir produire des solutions aux arguments strictes, le système français préfère la qualité à la quantité, ce qui l’amène à tester trois ou quatre thèmes dans les examens. Tant pis pour vous si l’examen en contient que vous n’avez pas révisé. En revanche, les examens anglais s’efforcent de tester autant de thèmes au programme que possible. Cela implique une capacité de régurgitation d’autant de méthodes et de techniques que possible dans le temps imparti. Beaucoup d’élèves français trouvent cette tâche difficile dans la durée donnée. Cependant, ce sont des difficultés qui, en fin de compte et avec la bonne attitude, peuvent être surmontées et la plupart de notre contingent français s’adapte, à la longue, aux exigences trans-manche ».

Luke Sullivan, Directeur de ‘Riviera Tutors’ (une firme qui travaille beaucoup avec des familles de Monaco et du Sud de la France), conseille aux élèves qui passent du système français au système privé britannique de s’attaquer au problème de la langue avant tout autre: « L’hypothèse de la compétence en anglais étaie chaque matière, même les mathématiques. Les questions d’examen sont parfois conçues pour punir les négligences de lecture par les élèves anglais de naissance, et pour un étranger ce niveau de nuance peut être un obstacle sérieux. Nous recommandons des leçons intensives d’anglais écrit et parlé pour les élèves étrangers qui font la transition vers le Royaume Uni car sinon la teneur générale des matières peut être inaccessible ; le but est d’égaliser les chances et non pas de gagner un avantage. Les écoles ou lycées sont souvent avertis et mettent en place les mesures nécessaires pour donner aux élèves étrangers un soutien précoce, mais il vaut mieux préempter le problème du langage autant que possible, vu son importance dans chaque aspect de la scolarité au Royaume Uni ».

Il est possible que les lycées privés ne fassent pas d’énormes concessions envers les difficultés auxquelles fait face un français, et préparer un déménagement sans conseil ou soutien par cours privés peut s’avérer difficile. C’est à ce point que des conseils judicieux sont essentiels. Une entreprise de Conseillers d’Education de bonne réputation et/ou un établissement de cours privés peuvent certainement venir en aide, comme le peut également ‘The Independent Schools Council’. Il est aussi utile de comprendre la structure des collèges et lycées du Royaume Uni. Les élèves doivent s’adapter à une nouvelle école, sa routine et son nouveau cursus. A l’âge de 14 ans, ils s’embarquent pendant deux ans sur les programmes de GCSE ; à 16 ans, sur les deux ans (sixth form) du programme de A levels ou du 'International Baccalaureate' qui mènera à l’entrée à l’université.

Bizarrement, un changement à l’âge de 16 ans peut être étonnamment facile si vous choisissez des ‘A levels’ qui rentrent dans les cordes de votre fils ou fille : ils pourront se concentrer uniquement sur les quatre matières qui les intéressent le plus. Bien que les ‘A levels’ ont tendance à se baser sur ce qui a été enseigné au paravent, les cours sont suffisamment « nouveaux » pour que tous les ressentent comme différents.

La partie la plus véritablement difficile s’annonce : comment choisir son école/lycée. Beaucoup de ‘Prep (junior) Schools’ ont leurs listes remplies tôt et l’inscription dans les lycées et collèges de Londres se fait des années à l’avance. Personnellement, je vous conseille de prendre contact avec votre expert-conseil en éducation aussi tôt que possible, de mettre en relation votre conseiller et vos professeurs particuliers afin qu’ils travaillent ensemble ; enfin prévoyez d’aller inspecter leur choix d’établissements le plus tôt possible. Au moment de soumettre la candidature de leurs enfants, beaucoup de parents français trouveront l’intérêt et la prise en considération par les établissements des passions et talents des élèves, surtout dans le domaine des arts, du sport et des langues, plutôt rafraichissants. Un antécédent international peut aussi être un avantage sensible. Les examens d’entrée ne se restreignent pas uniquement au niveau académique.

Malgré les contraintes habituelles du programme, toutes les écoles ou lycées privés s’efforcent de placer l’apprentissage indépendant au centre de toutes leurs activités, et pour un grand nombre de ceux qui ont enduré le système français, leur nouvel environnement peut s’avérer véritablement émancipant.

Rory Reilly

www.fairfield-education.com

@fairfielduk

Rory Reilly fut pendant 10 ans Chef du Service des Inscriptions à King’s School Canterbury et offre maintenant aux familles françaises les conseils nécessaires pour une transition réussie vers une école ou un lycée britannique.